08/08/2018 Cuzco
Réveil difficile dans le bus. Une fois n’est pas coutume, je tombe sur l’un des rares bus qui arrivent en avance. Il est 4h du matin. Je suis de nouveau dans une gare routière. Je cherche un endroit où dormir, une chaise, un recoin. Je suis vraiment épuisé. J’ai beau avoir dormi dans le bateau hier et dans le bus, j’ai quelques nuits de retard. Je décide de ne pas rester ici. Je prends un taxi et vais en direction de l’auberge où j’ai réservé pour le soir. Sur place l’accueil 24/24 est toujours un plaisir ! Je peux réserver un lit pour finir ma nuit, poser mon sac et prendre une douche. Je suis tellement content. Je me jette dans le lit, envoie un sms pour l’anniversaire de mon frère et m’endors paisiblement dans un vrai lit. C’est seulement ma deuxième nuit complète de la semaine, c’est un vrai bonheur. Le réveil finit par me sortir des bras de Morphée pour le petit-déjeuner.
Il est maintenant 9h30 et la journée peut commencer sous de meilleurs hospices. Je suis reposé et j‘ai le ventre plein ! Je traine un peu à l’auberge après le petit-déjeuner. Ça fait du bien parfois de ne rien faire ! Ce n’est que vers 12h30 que je sors de l’auberge pour visiter la ville. Il y a plein de tour « gratuit » dans la ville, mais cela m’intéresse finalement peu. Je préfère me perdre et arpenter les petites rues. La ville est sublime au milieu des montagnes, quoi que très touristique. Mon estomac viendra une nouvelle fois à bout de ma détermination à visiter. Je m’arrête dans une pizzeria. Une bonne margarita au feu de bois et une grande bière, de quoi refaire un homme ! Je profite du wifi pour téléphoner à ma mère et donner quelques nouvelles. Je pars ensuite en quête d’un beau point de vue sur la ville. Les ruines de Sacsayhuman on l’aire parfaite. Il me faudra environ 35mn de marche pour les atteindre.
Sur place le billet d’entrée est excessivement chère. En effet le gouvernement a mis en place un système de billet incluant plusieurs cites historiques, cependant le billet est indivisible. Ne voulant pas payer 20€ pour de seules ruines, je décide de les contourner à pied par la route afin d’avoir la vue sur la ville. Je me fais rattraper par la sécurité. Il est visiblement interdit de marcher dans la rue à côté. J’apprécie peu tout ce manège fait pour que le touriste paye toujours plus. Je me savais dans un lieu dédié au tourisme, mais je suis d’accord pour payer uniquement ce que je vois. Je finis par faire marche-arrière et un taxi ayant visiblement vue la scène me propose de m’emmener sur la route pour quelques soles. J’accepte et contourne donc en voiture les ruines. Il m’amène jusqu’à un autre point de vue le San Cristobal. Ici pas besoin de ticket du gouvernement et la vue est juste sublime.
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Je prends quelques photos et prends le chemin qui longe les ruines et retourne à la ville. Une belle balade qui me permet de profiter du paysage. Je suis quand même encore un peu énervé de la réaction de la sécurité des ruines qui ont été très agressif envers moi. Je m’arrête dans un café sur une petite place pour calmer la situation et arrêter de pester après le trop plein de tourisme de cette ville. Après tout, pour eux, je ne suis qu’un touriste parmi des centaines de milliers venu voir Cuzco.
Je profite du wifi pour discuter avec Patrick et Leah. Ils ne sont pas bien loin et profite d’un bar avec une magnifique vue. Je les rejoints et profite de l’après-midi ici. Antoine et Camille nous rejoindront un peu plus tard pour profiter de la sublime vue de nuit sur la ville. Nous partirons plus tard tous ensemble manger au restaurant avant de rentrer dormir.
09/08/18 Vallée Sacrée
Le réveil sonne tardivement, il est 8h30. Une douche, un petit-déjeuner plus tard, je discute avec Antoine. Nous cherchons un moyen de visiter la vallée sacrée sans passer par un tour. Nous trouvons finalement une solution mêlant collectivo et taxi. Je finis de me préparer et rejoins Antoine et Camille à leur auberge. Nous partons chercher les tickets d’accès aux sites puis prenons un mini bus pour la ville la plus proches des sites historiques. C’est le genre de voyage que je préfère. Partir par ses propres moyens avec les outils des locaux et non un énorme bus touristique. Sur le chemin je sens que mon pull a disparu, tombé ou arracher je ne saurai jamais, en tout cas je vais avoir froid.. Je l’aimais bien ce pull acheté à NY il y a seulement quelques mois. Mais en voyageant, il faut apprendre à se défaire de son matérialisme. J’achèterai un nouveau pull ici, avec une autre histoire. Le trajet se déroule exactement comme prévu et le taxi nous emmène jusqu’au premier site : Moray. C’est super beau ici.
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Non seulement les cercles de cultures incas sont très impressionnant, mais en plus nous sommes au milieu de très belle montagnes. La culture incas est quand même impressionnante. Entre l’étage le plus haut et celui le plus bas, il y a 15 degrés Celsius de différence permettant de cultiver différentes plantes. Nous faisons le tour et rigolons bien tous ensemble.
Nous remontons dans le taxi et partons au restaurant. Un des meilleurs repas de mon voyage. Très fin et vraiment pas chère. 45mn plus tard nous voilà aux salines de Maras. C’est vraiment impressionnant pour moi de voir des « Marais salants » accrochés à la montagne. L’eau et le blanc du sel reflète une lumière incroyable ici.
On passera de long moment ici à arpenter les chemins et faire des centaines de photos. Au loin on aperçoit quelques travailleurs. Les femmes pioches le sel et le ramasse à la main tandis que les hommes portent des sacs de plus de 10kg.
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Mais il est bientôt l’heure de repartir. Le taxi nous ramène au bord de la route où nous pouvons attraper un collectivo. Avec Antoine nous voulons voir encore un site. Alors que Camille rentre à Cuzco pour voir un musée et un spectacle, nous nous arrêtons à Chincheron. Sur le chemin, nous nous arrêtons dans de petites boutiques où je peux acheter un pull. Plus loin, les ruines ne sont pas exceptionnelles, mais la lumière l’est. Le soleil commencent à être bas et rend les paysages plus époustouflants. De plus, à cette heure-ci plus aucun tour n’apporte son flux de touriste. Nous sommes pratiquement seul sur le site. Nous prenons beaucoup de photos et rigolons énormément. Sur le retour je prendrai mes premières photos de locaux. Des enfants et une femme avec qui je rigole bien. Elle me demandera quelques soles en échanges des photos, mais c’est avec plaisir que je lui donne. Le soleil commence vraiment à être bas, nous finissons entassé à six dans un taxi pour rentrer à Cuzco.
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De retour à l’auberge, je réserve ma randonnée pour aller jusqu’au Machu Picchu. J’ai choisi le salkantay trek, l’une des 24 plus belles randonnées du monde d’après National Geographic. Ce n’est pas vraiment donné, mais je pense que ça vaut vraiment le coup. Je retourne dans la rue et galère un peu à retirer l’argent. C’est trois banques plus tard que j’arriverai à payer mon trek. De retour à l’auberge je profite du wifi pour transférer les photos de l’appareil photo à l’ordinateur avant d’écrire un peu.
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Plus tard dans la soirée je rejoins Sam, Camille et Antoine pour passer la soirée. Nous finissons la soirée dans l’auberge de Sam ou se déroule un karaoké. Entre la fatigue et l’alcool, j’avoue ne plus me souvenir complètement de la soirée. Je ne me trouve pas franchement agréable ce soir et ne me contrôle visiblement pas complètement. Alors que je discutais avec une très agréable Brésilienne, le retour de Camille avec Sam m’a fait comme un pincement au coeur et je suis parti me coucher.

10/08/2018 Cuzco
Je me réveille, il est 11h. Je me sens vraiment mal. Pas physiquement, mais mentalement. Un mauvais sentiment. J’ai trahi quelque chose en moi. Quelque chose ne va pas pour sûre. Je passerai une bonne partie de la matinée à me reposer et me questionner. Pourquoi j’ai réagi comme cela avec Camille et Sam. Plus que de la jalousie c’est mon amour propre qui me faisait mal. Cette soirée, quoi que pas bien différente d’autres, m’aura appris beaucoup de choses sur moi. C’est assez douloureux comme remise en cause, mais je me sens tellement mal ce matin, c’est que j’ai quelque chose à apprendre. Hier j’ai mal réagi parce que mon égo n’a pas apprécié le fait de voir la fille avec qui j’ai passé la journée proche de Sam. C’est incroyable le narcissisme dont je peux faire preuve parfois et encore plus avec les filles. Je pensais avoir fait ce qu’il fallait faire avec elle, mais mentalement je l’ai matérialisé. C’est terrible à dire, comme un compétiteur qui n’a pas son trophée alors qu’il pense avoir fait la course parfaite. Cette idée me tourmentera toute la journée. Est-ce vraiment ce que je pense des femmes..
Un moment plus tard, j’appelle ma mère pour lui donner des nouvelles. Pleins de doute je reste à l’auberge pour manger et continuer de réfléchir. J’ai du travail devant moi.
Quelque heure plus tard Leah m’envoie un message et me propose de la rejoindre avec Patrick pour visiter le marché. Ils sont vraiment exceptionnels. D’une gentillesse profonde et sans retour. Des gens bien. Passé du temps avec eux et vraiment agréable et nous nous entendons vraiment bien. Nous partons ensemble pour le marché où nous dégusterons un repas très copieux dans une ambiance géniale. Il n’y a presque pas de touriste ici. Les échoppes de cuisines s’enchaînent, le bruit, les couleurs et les odeurs en font un endroit tellement unique.

Le marché est découpé en plusieurs parties. Une pour les touristes avec tous les souvenirs imaginables et derrière une partie dédié au smoothie fait sur place avec des fruits frais. Puis les étales de fruits et ceux de légumes s’enchaînent. La hauteur et les couleurs des étales sont un vrai plaisir. Ici on peut trouver un vendeur dédié uniquement aux avocats, le bonheur ! Plus loin ce sont les bouchers qui s’affairent. Les carcasses de porcs, de vaches et de poulets sont découpées. La violence de la découpe et les tètes exposés dégoûtent un peu Léah et son amour pour les animaux. Nous ressortons pour nous balader dans les rues.
Nous passerons un grand moment à arpenter les rues, les cafés, à jouer avec les chiens errant avant de devoir nous dire au revoir. Ça me fait mal de savoir que je ne reverrai pas Patrick mais, je dois continuer à visiter le pays.

De retour à l’auberge je réserve un tour pour demain afin d’aller voir la montagne au septs couleurs. Mon lit est d’un rare réconfort. Seul un couple viendra déranger mon sommeil. C’est toujours désagréable de partager son dortoirs avec des gens dont la pudeur n’étouffe pas les ardeurs. Heureusement ce fut bref.. Je peux retourner à mon sommeil rapidement.
