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Bruges – 12,13,14/11/17

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Bruges – 12,13,14/11/17

12/11/17 – Romantisme

Le réveil sonne, la tête dans les abîmes, je me dépêche. Je ne veux pas rater mon départ pour Bruges. J’attrape mon sac et cherche un train pour aller gare du midi. Trop tard. Mon organisation est encore irréprochable.. Je prends le tram, fraude, et décide donc de partir d’une gare plus proche. Il pleut, j’ai faim et suis fatigué. Je trouve facilement mon train, les gares commencent à m’être familières. Je me pose dans le wagon et petit déjeune. Ca va déjà beaucoup mieux ! Musique du 4L Trophy dans les oreilles, c’est bon, je pars vers Bruges avec le sourire. J’aime voyager en train, je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours trouvé poétique ces paysages qui défilent le long des railles. En dehors de toute notion de temps, je voyage.

J’arrive à l’hostel, super bien placé, elle est aussi très mignonne. Dans la chambre, des lits en mode cinquième élément ou placard à chaussures rêvé. Il ne faut pas être claustrophobe mais j’aurai ainsi plus d’intimité. Je laisse le plan dans la chambre pour, comme à ce qui devient une habitude, partir me perdre.

Le vent me décoiffe violemment et oriente quelques peu mes pas. J’évite soigneusement le centre et fini dans un petit quartier fait de maison ou s’alterne brique naturellement rouge et peinte en blanche. En levant les yeux, j’observe les pignons à redents si caractéristique. La rue est très calme, pas un bruit ne vient me distraire de mes pensées. Je me sens bien et m’imagine ici en vieil écrivain. Vivant sobrement dans une petite maison où j’aurai, avec l’âge, hérité d’une part de la plume de ma mamie. Définitivement je n’ai pas fini de rêver ma vie pendant ce voyage. Je continue au grès du vent, qui m’emmène face au moulin Saint-Jean le long des canaux. C’est l’un des derniers moulins originaire de la ville, en place depuis 1770, il m’offre une vue magnifique. 

Je retourne vers le centre. Je croise beaucoup de groupes de jeune Espagnoles depuis le début du voyage et me dit que réapprendre cette langue vaudrait vraiment le coup. Mais aujourd’hui, il y a principalement des couples autour de moi, probablement dû à la réputation romantique de la « petite Venise du nord ». C’est vrai que c’est une ville est romantique, avec ses canaux, ses petites rues pavées, on a envie de s’y éterniser en bonne compagnie.

Profitant des gourmandises de la vie, squattant les petits restaurants, les auberges chics et autres boutiques de chocolatiers (plus de 50 en ville). C’est cependant très touristique même à cette saison. Mauvaise foi ou jalousie (mal) refoulé, j’observe autour de moi plus de mains aux fesses que de sourires aux visages.. Romantisme..

Besoin de chaleur, je me commande une gaufre chocolat-chantilly chaude, complètement délicieuse. Amateur de chocolat, il m’a surpris par sa force et sa douceur mêlées. Plaisir surement communicatif en apercevant les regards envieux autour de moi ! Chacun son tour d’être jaloux !

La météo se dégrade, j’ai beaucoup de temps devant moi pour visiter la ville et retourne sans regret à l’hostel. Il faut que je soigne mon rythme de vie pour profiter de chaque destination. La salle commune est super confortable, canapé, chaleur et musique douce. Je sors l’ordinateur, me sers un thé et profite du moment. Quelques heures et un article plus tard, j’implémente le site d’albums photos pour que vous puissiez suivre d’autant mieux mes aventures. Dans la cuisine, quelques échanges en anglais se font naturellement. Je commence à avoir la discussion plus rapide et plus facile. Si j’avais su, j’aurai quand même bossé mon anglais (et mon Français) dès le collège plutôt que de galérer pour avoir mon Toeic. L’hostel est vraiment idéal pour rencontrer du monde, beaux espaces communs, cuisine, bar tout est cool. Je fais la rencontre d’Estelle, une Madrilène ici pour le week-end. Ambitieux j’essaie l’espagnol, c’est très drôle mais impossible de communiquer correctement. Les accents espagnols et français étant, je trouve, très proche en anglais, la discussion se fait sans soucis. On mange ensemble et passe bientôt plus d’une heure à discuter. Invité à visiter la ville ensemble le lendemain, je crois que je commence à apprécier la liberté de la solitude. Je me rends compte que les rencontres se font facilement mais à chaque chose sont moment. Je fatigue et vais au lit.

13/11/17 – A Bruges la bière est une religion

Réveil un peu tardif, tellement bien dans ce lit. Je n’ai pas eu une nuit aussi calme depuis mon départ. Cette auberge est simplement parfaite ! Je vais à la salle de bain, comme à la maison, ça ressemble à une grande colocation ici. Les gens sont tous là pour voyager, cela se ressent dans l’ambiance générale. Chaleur et bienveillance, je me sens bien ici. Il est temps de partir visiter ! Il est 11h30 je profite du moment pour escalader les 300 marches de Beffroi sans faire la queue.

La vue est impressionnante ! D’ici je vois la suite de mon parcours, la place du bourg et la grande place mais aussi l’église Notre Dame et le palais provincial. La ville est vraiment riche d’une architecture magnifique. Je termine à la chapelle Saint-Basile, petite, faite de pierres noires. Elle est sobre et jolie. Il y a très peu de signes religieux ici, à part une petite croix potencé dans le choeur. L’ambiance chaleureuse est renforcée par le mouvement des bougies et des chants chrétiens. Je ne suis pas croyant et même opposé à tout ce qui utilise la peur pour gouverner les peuples, mais c’est un bel endroit pour avoir une pensée aux gens que j’aime. A ceux qui ne sont plus, j’allume une bougie et profite du cadre pour me recueillir.

En sortant je ressens la fatigue. De légères cernes commencent à obscurcir mon teint d’hiver. Je profite du retour du soleil pour me poser sur un banc, ma peau en a grandement besoin et je crois que moi aussi. Je décide de me choyer. Il est midi, les musées sont fermés. Je fais trois courses et rentre à l’auberge soigner ma peau quelque peu marquée par le froid et le vent. Il est temps de manger mon premier vrais repas après quelques jours de disette. Besoin de soleil, ce sera pâtes à la mozza, au pesto et aux tomates ! J’avais presque oublié à quel point il était bon de bien manger ! Je profite de l’auberge, respire, paresse, un thé et à la sieste ! Avant de dormir je discute avec celle que j’ai éloigné de moi pour voyager. Je ne sais pas vraiment quelle sera ma vie à mon retour, ne m’attend pas, mais je te promets que je ne t’oublie pas.

La sieste se transformant en petite nuit, il est 16h30 quand je bois un thé avec Estelle de retour à l’auberge pour préparer son départ. Après de rapides adieux, je cherche à faire les musées mais à 16h30 beaucoup n’accepte plus les entrées. Le destin m’amène étrangement au musée de la bière. Au milieu de murs de bouteilles, je reconnais des étiquettes. Cuvées des trolls, Chouffe, Chimay, Kwak et autre Corsendonk rousse me rappellent que sans la connaître j’appréciais déjà beaucoup la Belgique. Après le musée, place à la dégustation, option que je n’aurai pu imaginer ne pas prendre. Une Steenbrugge, ambrée local plutôt forte en bouche pour commencer. Je l’adoucis franchement avec une Boom Kriek, bières à la cerise très douce et sucrée. Je finis par une Rodenbach, je ne sais pas si c’est parce que c’est la troisième mais elle est très rafraichissante et facile à boire. Désaltéré je pars flâner.

Dans la nuit les lumières enjolivent les canaux. Des appels à la famille me rapproche, je ne suis jamais bien loin de la maison. Je rentre tranquillement à l’auberge. Il est l’heure de faire la première machine du voyage. En attendant qu’elle finisse, je suis caché dans ma chambre. Après quelques messages aux copains, je décide de regarder un de mes films préférés (j’en ai beaucoup !) : « Bon baiser de Bruges». Premier long métrage de Martin McDonagh je recommande aussi Sept psychopathes tout aussi délicieusement décalé et noir. C’est sympa de retrouver les lieux de la journée dans le film. J’en profite pour préparer le programme du lendemain et au dodo !

14/11/17 – Passion chocolat

C’est mon dernier jour à Bruges, je profite du calme pour faire une grasse matinée dont j’ai le secret. Après une longue douche chaude et un repas, je prends la direction du Choco-Story, incontournable musée du chocolat ! Je n’aurai pu quitter la Belgique sans lui faire l’affront, après avoir mangé des frites et dégusté des bières, de ne pas me faire une crise de foie au chocolat ! Je choisis le billet « Chocolate Walk » car en plus du musée, il propose un tour de la ville avec des dégustations dans les boutiques du centre. Le musée est bien divisé entre culture Maya, histoire du chocolat, géographie des plantations et techniques de fabrications. Des pastilles de chocolats disponibles tout le long du parcours me font, par gourmandise, régulièrement revenir sur mes pas. La visite se finit par une démonstration de confection de pralines. Très sympa à voir mais le meilleur reste quand même la dégustation finale ! Je vais finir amoureux de ce pays moi..

Un peu plus loin mon ticket me permet d’avoir un chocolat chauds offert. Un cube de chocolat au bout d’un pic que je remue simplement dans du lait chaud. Mon palais réveille mes sens en sursaut, Bordel que c’est bon ! Un passé amoureux de bonne chose, m’a fait découvrir cette technique pour faire des chocolats chaud délicieux, une madeleine de Proust sublimée par le chocolat Belges me rend nostalgique et ravi mes papilles. Je continue ma balade sous la bruine et arrive dans une petite boutique qui me propose leurs spécialités. Un chocolat au piment d’Espelette ! Voilà de quoi ravir mon goût certain pour le sud-ouest ! Et pas uniquement pour l’ovalie, les filles de caractères et les férias !

La promenade me ramène dans les petites rues de cette ville que je commence à bien connaître. A vrai dire c’est toujours avec le même plaisir que je traverse ces rues dont j’ai arrêté de compter mes passages. Je me retrouve sur la place du bourg où se trouve la chapelle Saint-Basile qui m’avait si bien reçu. A son étage se trouve un lieu retrouvé dans le film d’hier soir, la basilique au Saint-Sang. Par curiosité je fais la queue et vais voir la relique ramenée de croisade qui à donné son nom à l’édifice. Une fiole du sang de jésus, qui se re-liquéfierai lors des grands bouleversements du monde. Dubitatif devant cet objet, je repars dans un pèlerinage très différent et bien plus gourmand autour du «Theobroma cacao», littéralement nourritures des dieux pour les Maya et Azteques.

Devant moi un parc est ouvert, je m’éloigne quelque peu de mon tracé pour profiter de ce lieu si charmant. Au dessus de ce petit canal, je suis sur le pont Saint-Boniface, d’où je profite des jardins et contreforts de l’église Notre-Dame. Quelques pas plus tard, je suis de retour au chocolat story. Je décide de rentrer, et passe devant un dernier chocolatier où je déguste la spécialité de la maison. Une praline, historique de la ville, recouverte de caramel croustillant et de chocolat au lait. Un délice nommé passion. En rentrant je passe devant une de ses nombreuses boutiques de dentelles fines. Au fond je pense que Bruges est fait de tout ceci. De la douceur de son coeur historique, du croustillant que l’on apporte à son couple et de la protection de cette coque en chocolat qu’est la Belgique. Définitivement amoureux, je reviendrai dans ce pays !

Plus que mon coeur il est temps de rentrer soigner mon foie. Je bois beaucoup d’eau et écrit ses petits mots. C’est ma dernière nuit à Bruges et même en Belgique. De nuit, je vais profiter une dernière fois de cette ville aux airs de contes de fées. La bruine rend les illuminations toujours plus agréables. Je flâne dans les rues. Je l’attendais beaucoup mais cette ville est géniale. Elle à un charme envoutant que je me promets de partager avec celle qui partagera un bout de ma vie. Dernier passage le long des canaux, il est temps de rentrer.

Une Bruggebeer à la main, un oeil sur le rugby, je finalise cet article. Entre cette bière proche de la Chouffe mais qui reste plus présente en fin de bouche et les exploits de notre Rochelais préféré, Gaby Lacroix, je passe encore un très bon moment en terre Belges. Il est maintenant temps pour moi de faire mon sac et de préparer mon départ.

Demain me verra dans un pays voisin, et cette fois-ci accompagné. Une page tend à se fermer pour laisser s’ouvrir une autre. Je citerai ce film qui m’a fait venir a Bruges : « Ville de conte de fée, dommage que ce soit en Belgique mais si c’était ailleurs, dans un pays cool, il y aurait beaucoup trop de monde ». La Belgique est définitivement un pays cool ! J’en suis tombé amoureux de multiples fois. De son accueil, de ses habitant·e·s, de sa culture et de toutes ses bonnes choses qu’elle offre je lui dis « MERCI ! »

3 commentaires sur “Bruges – 12,13,14/11/17

  1. Dis donc mon petit neveu, tu as reçu un sacré héritage de ta Mamie. Tu es super agréable à lire. J’attends chaque nouvel article ou récit avec impatience. Reste juste à revoir un peu la conjugaison, mais tu as l’air tellement heureux dans tes récits que c’est super sympa de te suivre. Je ne te connaissais pas ces talents de narrateur. Profite à fond. Ce soir tu récupères ta cousine 😋👍🎉

    1. Merci beaucoup tata !!!!!
      Haha 🙂 c’est avec plaisir que j’en écrirai un après chaque destination. Je vais essayer de mieux soigner ma langue 🙂
      Haha oui c’est fait !!

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